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5 novembre 2018 1 05 /11 /novembre /2018 16:04

 

En route pour le Puy Mary

   Depuis trois semaines déjà, la neige de début octobre, avait recouvert le Puy Mary sous ses 1783 m d’altitude. Le Pas de Peyrol, plus bas a été fermé depuis le 28 octobre. Mais il faisait trop beau ce 4 novembre. Je proposais donc à Vincent, qui ne l’avait jamais gravi d’aller faire un tour à la montagne. Anthony, lui avait gravi plusieurs fois ce col avec sa randonneuse, mais il était fortement motivé pour escalader notre géant local avec sa rétro-directe, qui ne comporte que deux développements.

 

Dix heures, ce dimanche, nous voilà au pied de la difficulté, bien habillé, trop même ; nous le sentirons rapidement ; il fait 8° au thermomètre de guidon. Le soleil pointe le bout de ses rayons dans la vallée de la Jordanne, et donne de l’éclat aux hêtres qui n’ont pas encore tombé toutes leurs feuilles.

 

 

La rétro-directe en action

   Dès les premiers hectomètres, un cycliste est en réparation un peu avant Benech ; il nous indique ne pas avoir l’intention de grimper le col. À Rudez, c’est le dernier habitant du hameau, qui n’en croit pas ses yeux, de voir un vélo avancer dans une côte, dont le cycliste  pédale en marche arrière. Nous croisons le ruisseau de Bonnefous, peu avant le départ de la piste qui mène au col de Rombière. Il faut vraiment nous découvrir. Les premiers kilomètres de l’ascension nous ont bien réchauffés. Peu de temps après, sous le pic de Gindrou et ses 1340m, nous sommes encore dans les bois ; la barrière ferme complètement la route, seul un étroit passage laisse passer piétons et cyclistes. La montée se fait tranquille, dans un calme absolu. La rétro-directe donne quelques signes de mauvaise humeur ; la chaine saute plusieurs fois de ses pignons, obligeant Anthony à de fréquents arrêts. Ce phénomène ne s’était produit auparavant que de rares fois. Heureusement le cycliste connaît parfaitement sa mécanique.

 

 

Incident de parcours

À la sortie des bois, nous sommes sous la barre des Fours de Peyre Arse et la brèche de Roland est au-dessus de nous. Les minuscules cascades qui alimentent le ruisseau des Embords ne coulent pas beaucoup. Il en sera de même de celles qui alimentant le ruisseau de Mary, qui ne laisse entrevoir qu’un mince filet d’eau malgré les dernières neiges. Quelques bandes de cette neige s’étirent le long de la route, tantôt dans les fossés, tantôt calées le long des abrupts rocheux. Nous atteignons la côte des 1488m. La vue vers la crête du Puy de Chavaroche et du Redondet est magnifique. Le flanc de la montagne tacheté de blanc; la température est devenue agréable fleurtant avec les 14°, il est onze heures. Nous croisons quatre marcheurs chargés de leur bivouac, mais pas un cycliste en vue.

 

Pas trés loin du but

Au col du Redondet, le vent du nord s’engage sur la Roche de la Tête Noire chargée de neige ; l’air est nettement plus frais, malgré un soleil radieux. Le Pas de Peyrol est bien vue. Après la photo sous le panneau du col, nous reprenons la route. Cette fois de larges congères s’étalent sur la chaussée, obligeant de nombreux zigzags. À l’ombre il arrive parfois que la glace se cache sous la neige et donnent à mes compagnons, qui me devancent, de drôles de soubresauts les obligeant parfois à mettre pieds à terre. Leurs machines ayant des pneus plus larges que ceux de la mienne, ils arrivent à franchir les obstacles sur leur monture, tandis que je mets pieds à terre, ou plutôt pieds « à neige » !

Ça passe encore

La route en balcon, orientée nord, voit son bitume disparaître de plus en plus souvent, et de plus en longtemps sous la neige. Nous ne sommes plus très loin ; les derniers hectomètres seront ponctués de marche à pieds sur les talus bordants les parkings vides. Nous pourrons ainsi garder les pieds au sec, sauf pour moi qui ait largement enfoncer les miens lors de la photo au col de Redondet.

 

Décor de sommet

Nous voilà donc au Pas de Peyrol ; 1589m. Le site a fermé ses portes pour l’hiver et les vilaines poubelles ne côtoient plus le panneau du col. Le buron est en hibernation mais ses larges tables massives sont en place et nous offre ainsi un lieu idéal pour notre pique-nique. Un randonneur et son chien y sont déjà installés. D’autres randonneurs moins prudents se lancent dans l’ascension du Puy Mary alors que de larges et épaisses plaques de neige tapissent le chemin qui y conduit.

 

 

Les pieds dans la neige

Il fait beau, le vent est quasi nul et la température de 16° au soleil. Nous savourons cet instant et le privilège qui nous est offert. La vue sur la vallée du Claux et le cirque du Falgoux est superbe. Les faces nord du Puy Mary et de Peyre Arse sont bien enneigées, et quelques randonneurs nous saluent. Pique-nique presque terminé, deux ou trois bourrasques donnent un coup de frais, et emporte la casquette de Vincent. Après plusieurs minutes d’observation, il la retrouve, stoppée par la rambarde du buron, ouf !. Quelques nuages masquent le soleil ; c’est le signal de la descente.

 

Le Puy Mary
Le Puy de Peyre Arse

 

Au fond Le Plomb du Cantal et le Puy Griou

Nous cheminons à nouveau entre les congères, tandis que deux cyclistes bien décidés, arrivent eux aussi au sommet du col. Deux autres, croisé au début de zone neigeuse nous interrogent sur la possibilité de passer à vélo. Je leur répondis qu’avec prudence et quelques pieds à terre ils pouvaient espérer rejoindre le col tant convoité.

 

Le Puy Griou et le Griounou

De retour au col de Redondet et sitôt l’épingle à gauche franchie, la température redevient agréable malgré un léger vent de sud. Nous observons le Plomb du Cantal (1855m) et ses installations de télécabines en direction de la station du Lioran. Nous voilà parti dans une descente de douze kilomètres ponctué de  rares arrêts mais de nombreux ralentissements pour profiter un peu plus de ces paysages magnifiques. En fin de descente, dans les légers replats de Rudez et de Benech, la rétro-directe refait des siennes. Anthony finira en roue libre, en trainant sa longue chaine, au risque d’une chute ; la jeunesse à des préoccupations différentes des miennes.

Comment quitter ces lieux ?

Voilà donc un épisode heureux de la sortie cyclotouriste familiale du père, du fils et du grand-père, sur la route du Puy-Mary, un début de mois de novembre 2018. Cette sortie n’est pas un exploit loin de là, mais c’est une randonnée originale à cette époque de l’année, qui réserve encore de belles surprises.

 

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