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25 avril 2019 4 25 /04 /avril /2019 10:44

     C’était à Pâques 2019, nous étions douze…à Upaix dans les Hautes Alpes. Il y avait cinq féminines. Le gîte retenu par Marie-Louis, face à la montagne de l’Ubac, bien qu’encaissé dans le vallon de Clairescombes, offre une rude montée voisinant les 15% que nous aurons à gravir tous les jours lors de nos retours. Cependant le gîte est agréable, confortable bien que situé dans un travers, qui a vu passé les moutons puis les vergers pour être aujourd’hui en état de quasi abandon.

Samedi 20 avril

   Le parcours du samedi était déjà calé ; ce serait le tour du Rocher de Hongrie après avoir gravi la crête qui sépare la vallée du Buech de celle de la Durance. Après avoir traversé la route Napoléon, notre groupe s’engage dans la vallée du torrent de la Sasse, jusqu’au lieu-dit La Forge. Henriette et Marie-Louis décide de faire plus court, et nous sommes dix à suivre le torrent du Grand Vallon jusqu’à La Motte du Caire. Le soleil a déjà fait son œuvre et nous quittons quelques couches de vêtements. La montée vers le premier col du jour, le col du Château (804m) sera assez sérieuse mais heureusement pas très longue. Un peu avant le sommet, une route part à gauche et Michel rappelle aux chasseurs de cols que le Coulet (825m) n’est qu’à un kilomètre et demi de là. Il sera accompagné de Marie-Ange et Claude, Michel, Marie-Louis, Joseph, Robert et Guy. Le revêtement ne sera pas égal tout au long de la route.

Col du Coulet 825m

Le goudron cède la place à la caillasse dans la fin du parcours. Le col étant atteint, le retour se fait au début sur le chemin en mauvais état. C’est ainsi que Robert teste ses qualités »tous chemins » sans succès puisqu’un maigre genêt ne parviendra pas à le retenir, et le renvoi illico au beau milieu de cet inconfortable chemin. Pas de mal ni pour l’homme, ni pour la machine, tout ce petit monde s’en retourne au Col du Château. Le col du Haut Forest (845m) sera atteint au petit village de la Melve, au bord d’un plateau verdoyant offrant de larges panoramas vers les massifs environnants et parfois enneigés au loin.

Les estomacs commencent à gémir et c’est à Sigoyer, village perché, au bout d’une longue descente, que nous feront étape. Le jardin public, fraichement fauché et agrémenté d’une table sera un lieu idéal pour la pause et le repas, bien qu’il ne soit accessible que par quelques marches d’escaliers. Le soleil est généreux, la vue agréable, c’est un moment fort sympathique.

Depuis le Col de Grêle

Il faut bien repartir et la descente nous y invite. Peu avant le col de Grêle (728m), Joseph choisit le carrefour qui y mène pour casser sa patte de dérailleur, aie ! Aie ! Aie ! Pas de chute, mais un dérailleur qui pendouille lamentablement sous la base droite. Nous téléphonons à Marie-louis rentré plus tôt et Joseph interrompra ainsi son itinéraire, mais pourra trouver la pièce cassée à Gap !. Notre groupe poursuit jusqu’au col de Grêle, photo, puis nouvelle descente vers le village de Vaumeilh traversé par le torrent Siryez. Une montée nous mènera au village de Valernes, avant de plonger à nouveau vers le torrent de la Sasse. De là nous rejoignons Sisteron et sa citadelle perchée. La pause permet à chacun de visiter ou de se reposer.

 

 

 

 

Sisteron et le Rocher de la Baume

Le retour qui devait se faire par la D948 est contrarié par des travaux obstruant la route en totalité. C’est donc par une petite route forestière, agrémentée d’une belle montée mais dominant le Buech que nous retrouvons Ribiers et la belle grimpée au milieu des vergers  jusqu’ à nôtre gîte situé sur les pentes du vallon de La Flogère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 21 avril

     Le dimanche c’est aussi le jour de la Concentration Nationale de Pâques-en-Provence. Il a lieu en général dans un village perché en hommage à Véloccio. L’origine de Pâques-en-Provence tient à la personnalité de Vélocio, le père du cyclotourisme, qui, à partir des années 1900, descendait en Provence pour Pâques rendre visite à ses amis au cours de ses longues randonnées. La FFCT a donc reconduit depuis cette tradition conviviale et amicale.

La place de Upaix

À cette occasion nous privilégions un petit parcours afin de profiter au mieux de cette journée. Le ciel est gris ce matin-là sur la D948 en direction de Laragne-Montéglin. Le groupe est au complet. Après Laragne nous suivons les petits ruisseaux de Véragne, l’Anguillousse, et le Béal du Lauron. Les routes commencent à voir passer pas mal de cyclos. Claude et Marie-Ange retrouvent des amis. Au pied du village, une certaine fébrilité, laisse prévoir une certaine difficulté. Dès le carrefour entre la nouvelle agglomération et l’ancien petit village d’Upaix, la route s’élève subitement et ne nous laissera aucun repos jusqu’au pied de la vieille tour, qui abrite la table d’orientation. Plus bas le village est animé, la place fourmille de cyclotouristes colorés sous le soleil qui fait son apparition. Dès notre arrivée, nous visitons le point culminant, et allons pointer notre passage auprès des organisateurs. Un en-cas nous est offert en guise bienvenue. Une exposition de vieux vélos est présentée dans l’ancienne chapelle et de nombreux stands accueillent les visiteurs. Nous rencontrons nombre d’amis et de connaissances. Avec Michel je rends visite à l’auberge du village où le meilleur accueil nous est réservé. Les tables sont installées sur la place, sous les platanes encore vierge de feuilles, mais décorés d’œufs de Pâques.

Nous pique-niquerons ainsi au soleil, bien installé, non loin d’une belle tablée de Cent Colistes dont deux anciens Présidents. Plus loin les traditionnels discours sont à peine audibles victime d’une sonorisation peu performante. Les discours terminés, la placette se vide à vue d’œil, et il y a peu de monde lorsque nous décidons, nous aussi de quitter les lieux. La descente par la route sud sera tout aussi pentue que la montée. Nous sommes rendus rapidement au Poët, puis nous longeons le canal de Sisteron, pour rejoindre Ribiers village des Baronnies Provençales.

 

 

La montée vers notre Gîte de la Flogère se fait entre les massifs de l’Ubac et le massif de la Platte, vallon parcouru par le torrent de Clarescombes. Comme la veille la montée est rude, mais se termine par le pot de fin de journée que d’aucun n’oserait manquer.

 

 

 

 

Lundi 22 avril

     C’est déjà le troisième jour de notre séjour. Après mures réflexions de la veille , le choix des parcours sera différent selon les possibilités et les objectifs de chacun. Tranquille pour les uns, à la chasse aux cols pour les autres. Cependant nous partons tous ensemble, vers huit heures quarante, en direction de Ribiers, puis des Gorges de la Méouge. Peu après le village du Plan, la vallée se resserre et nous sommes déjà dans les Gorges et découvrons en contrebas de la route, le pont médiéval toujours debout. Les aplombs sont spectaculaires, composés de roches plissées dominants l’eau claire et limpide de la Méouge, tournant et tourbillonnant dans son lit rocailleux.

Les roches plissées des Gorges de Méouges

La route sinueuse est magnifique. Passé Barret-sur-Méouges la vallée s’ouvre à nouveau et déjà le spectacle est moins saisissant, bien que la vallée soit agréable à rouler. Après avoir accompli la photo du groupe, chacun est invité à suivre ses choix. Pour les uns, dont je suis, ce sera le col d’Araud, dont les deux derniers kilomètres sont bien marqués par une pente régulière et soutenue.

 

 

 

Le château de Lachaud

Retour en descente au village de Lachaud, ou un cycliste du cru, guidera nos roues pour contourner la route barrée pour travaux, trouver la fontaine pour le plein de nos bidons et enfin découvrir le château du village. Peu après, je laisse Marie-Ange et Claude qui filent vers Sédéron et le Col de Pigière (968m), tandis qu’accompagné de Robert je pars à la recherche du Col de Guide (794m) flanqué au milieu d’un passage agricole privé. Pour cela nous avons effectué un aller et retour de moins de deux kilomètres. À l’entrée du village d’Eygalayes nous retrouvons le groupe des féminines avec Marie-Louis qui retourne dans la vallée de la Méouges. Je m’arrête pour alléger ma tenue vestimentaire en vue de la montée vers Izon-la-Bruisse et le Col de Muze (1209m). La route qui serpente le long la Bruisse est fraichement revêtue, et se relève rapidement dans des pourcentages qui m’obligent à user du petit braquet. Le paysage est pauvre et rocailleux. Je ne vois pas toujours la route qui me surplombe et se dissimule entre les rochers, tant la pente est raide.

Le col de Muze

Par moment j’entrevois la silhouette de Robert. Devant ma difficulté à progresser je lui attribue une certaine facilité…est-ce vrai, je ne sais pas. Au village d’Izon, je n’ai parcouru que quatre kilomètres. Lorsque je traverse le village j’entends une voix qui m’interpelle, c’est celle de Robert, mais la fatigue étant là, je ne m’arrête pas et profite d’une pente plus clémente pour m’avancer. Robert ne tarde pas à me rattraper et peu après avoir traversé le petit ruisseau, je le vois à nouveau s’éloigner. Je vois la route au-dessus et je pense que la pente y est moins forte. Ce sera sans doute vrai mais la fatigue me donne une autre impression. Après une épingle à droite voilà le chemin St Pierre, je ne dois pas être loin du paradis. Toujours sur ma droite de larges champs de lavande tourné vers le Sud entourent la minuscule ferme de Ponchille. Je vois maintenant le col de Muze calé entre la Montagne d’Herc et la Montagne de Garre. J’arrive au col enfin et fait la photo habituelle, sans Robert qui a déjà filé. C’est qu’il se fait plus de 13 heures et il est bien de temps de déjeuner. J’aperçois le Col St Jean (1159m) plus bas et j’y retrouve Robert, Joseph, Michel et Guy en train de se restaurer. Après la photo du panneau en partie masqué par un automobiliste indélicat, je rejoins mes camarades et ne tarde pas, moi aussi à me sustenter. Il fait soleil, un vent léger atténue ses effets, et les paysages, dominé par l’Oratoire du col sont magnifiques.

Col St Jean

Après notre pique-nique c’est la plongée vers Laborel. Au village un musé particulier retiens notre attention ! Un passionné présente sa collection de photos et d’objet relatif au Rallye de Monte-Carlo, qui sévi régulièrement sur les pentes du Col St Jean. Un autre individu, grand sec, barbe presque blanche, nous entretient vélo et routes locales. Il connaît même le club des cents cols. Après cet instant récréatif, nous reprenons tous les cinq la route de la vallée du Céans, en pente favorable cette fois. Le train est bien soutenu et rapidement (presque trop) nous traversons Orpierre et atteignons Saléon dans la vallée du Buech. La route qui nous ramène vers Laragne-Montéglin est assez vallonnée et calme un peu les ardeurs de mes compagnons. À Laragne je les laisse filer vers Ribiers tandis que par le village je rejoins la D1075 pour un exercice d’avantage sportif que touristique tant cette route est fréquentée.

Le hamaeu des Oeufs

Je l’ai choisie car à quatre kilomètres de là, il y a un col, le col des Hostes (611m), que je compte bien ajouter à ma collection. Le col est vite atteint, je bénéficie d’un vent favorable amplifié par un balai incessant de véhicule dans mon sens de circulation comme dans l’autre. Sitôt arrivé sur place, photo faite, je n’ai qu’une idée, m’évader de cette circulation infernale. Il me  faudra plus de dix minutes pour traverser cet axe et ensuite rejoindre le hameau des œufs (de Pâques bien sûr !). La route est bien plus tranquille, mais sinueuse, avec de nombreux carrefours et quelques belles côtes qui m’ont fait dire que ces œufs se trouvaient dans un nid d’aigle ! Mission accomplie, je rejoins la route du retour de la veille, longeant le canal de Sisteron, puis, par le village de Ribiers, je grimpe au gîte de Combesclaires au terme d’une belle balade de près de cent kilomètres. J’y retrouve mes compagnons qui ont eux aussi terminé ce beau week-end de vélo.

 

   Le groupe était composé de Cyclos Randonneurs, Marie-Ange et Claude, Odette et Michel (AC Bagnac), Marie-Louis et Henriette, Viviane et Michel, de Robert (CC Clermont l’Hérault),  des Cyclos Randonneurs Flâneurs Suzanne et Guy (CC Linac) et de Joseph loin de son pays Sarthois.

Marie-Louis avait réservé le gîte, Viviane assurait l’intendance et tous ont participé par leurs attentions, à la réussite de week-end, qu’ils en soient remerciés.

Texte et photos, Pilou, avril 2019

 

 

Le diaporama du week-end Pâques-en-Provence

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