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11 août 2019 7 11 /08 /août /2019 10:12

(FR24-290)

 

Col de Lusset

La journée s’annonçait chaude ce vendredi du mois d’Août. J’avais été au Col de Lusset, la veille en VTT car ce col est en pleine nature, accessible seulement par des chemins peu carrossables.

Je partais donc de bonne heure, 7h15 en direction des causses corréziens. L’hôpital St Jean est atteint après 12km dont 8 de montée en pente régulière. Les sommets Cantaliens se découpent sur l’horizon, tandis que de gros nuages noirs jouent avec le soleil.

 

Château de Noailles (19)

Puis je file vers Turenne et son château comme décors. La D8 après Turenne est assez fréquentée, mais j’atteins sans encombre Jugeals-Nazareth. La D23 que j’emprunte est aussi accessible par une petite route, avec comme indication « route de la Lune ». Plutôt terre à terre, je me dis qu’un instant de rêve ne peut se refuser. Je dévale une combe, puis remonte sur une crête qui me fait apercevoir le château de Noailles comme je ne l’avais jamais vu. Le soleil joue à cache-cache avec les nuages, mais les degrés commencent à grimper. Une belle descente m’emmène au Pont de Couderc où je traverse l’autoroute A20, puis la ligne de chemin de fer Brive-Toulouse, bien tortueuse en ces lieux.

Les vignes corréziennes

De là, la physionomie de mon parcours change radicalement. C’est une côte de deux kilomètres qui affiche les 10%, qui me conduit sur les hauteurs de Brive. La vue est magnifique et porte loin ; des vignes y sont plantées et la route ondule sur une crête. Cela ne dure pas très longtemps et la route prend une descente rapide, sinueuse, bien ombragée et longue ce qui ne présage rien de bon. La descente me parait interminable pour longer le ruisseau du Courolle. Je sens bien que le col du Pas Noir n’est pas ici. Une petite route à gauche indique Puybaret et dessine quelques épingles sur ma carte. Passé le petit pont qui enjambe le ruisseau, la situation devient claire. La route que j’emprunte, de faible largeur, se relève brusquement et d’une épingle à l’autre affiche de nouveau un bon 10%. Je suis côté est du massif.

Les vélos de Puybaret

Après un bon kilomètre des maisons jalonnent la montée ; il s’agit du hameau de Puybaret. Dans sa partie supérieure la route marque un virage à droite en forte pente, les chiens aboient, et le cyclo passe lentement avant de respirer  un peu mieux sur un replat qui sera de courte durée. Deux vieux biclous sont accroché au rocher comme pour signifier que le vélo n'est facile ici.Je rejoins une route en provenance de l’agglomération de Brive. Au carrefour je prends à gauche. La route est plus large, plus dégagée, mais la pente ne faiblit pas, bien au contraire. Cela fait maintenant deux kilomètres que je joue du petit plateau. La route est moins sinueuse et devant se dresse un mur de 300 à 400 mètres, en droite ligne. Il me faudra toute mon énergie pour atteindre le sommet à la vitesse d’un escargot. Le soleil est déjà haut dans le ciel, il est 10 h du matin et la vue est panoramique en direction de la plaine de Brive.

Le col du Pas Noir

La route fait le dos rond et s’incline légèrement pour arriver au col du Pas Noir. Je vois bien l’antenne de Puy Gramont posée à 350m. Le panneau du lieu-dit est bien là, sans indication de col, comme souvent pour les cols discrets. Au carrefour de la D59, je m’engage vers le hameau du Panoir ; la route est en cul de sac ; je retourne ; direction Lissac, je suis à l’altitude 290m. La descente vers Lissac-sur-Couze ne laisse aucun doute sur la position du Col, la pente y est aussi rapide que celle que je viens de gravir, un peu moins longue sans doute. Au Clauzel, je quitte la route principale pour rejoindre le village de Lissac, ce raccourci accentue encore la pente, mais là, je suis en descente.

Le château de Lissac

Lissac atteint je fais la photo du château sous le soleil. La retenue de Chasteaux reflète le bleu du ciel et les plaisanciers n’ont pas encore irisé la surface de ses eaux. La descente vers le village du Soulier, me permet de récupérer quelques forces mais cela ne dure pas. La Couze qui alimente le Lac du Causse, longe la petite route qui me conduit au Rozier, où, un moment j’envisage de grimper au Village de Chasteaux, haut perché. L’horaire et la fatigue me font remettre à autre une fois cette visite. Bien m’en a pris car la côte qui m’emmène au hameau de Neyrague, n’est pas très facile d’autant que le soleil commence sérieusement à chauffer en cette fin de matinée.

Le plan d'eau du Causse

Au hameau et carrefour avec la D19, je change de maillot, goutte à quelques reines-claudes tombées du prunier largement ébranché à sa base et donc inaccessible pour la cueillette ; elles sont délicieuses. Les difficultés ne sont terminées, car maintenant cela monte encore pendant six kilomètres jusqu’à Nespouls. La vitesse sur cette route est en principe limitée à cinquante kilomètre-heure en raison de son mauvais état ; cela n’empêche pas certains automobilistes de se croire dans un rallye. Finalement des travaux d’enfouissement de réseaux ralentissent les intrépides. La montée me semble longue jusqu’à Chantegril et Nespouls, d’autant que le vent qui s’est mis à souffler n’est pas favorable. De là le parcours me conduit dans la forêt de Turenne sur un bon revêtement qui me convient. Vers la Bouzonie je croise un groupe de cyclos qui vraisemblablement n’ont pas connus les belles montées que j’ai eues ; ils roulent bon train, occupant toute la route, en peloton épars. Cela ne fait aucun doute, nous n’avons pas la même pratique. Dommage qu’ils ne me suivent pas, car la route ne Bontemps est truffée de « ranquets » tout aussi difficiles les uns que les autres.

 Pour moi je commence bien à sentir le dénivelé et la température qui fleure avec les 32 °C. Ici je suis sur mes routes habituelles et je vais boucler le parcours un peu avant l’Hôpital St Jean. À partir de là, route en sens inverse de ce matin, huit kilomètres de descente et une montée de deux kilomètres me ramènent à Martel. La descente se passe ; secoué par les imperfections de la route et avec les moindres efforts pour atteindre le Pont de Murlat, non loin de l’œil de la Doue, où le Vignon prend sa source. La montée vers Martel n’est guère favorisée par le revêtement, mais elle est à l’ombre. Vers 12h30, au terme d’une balade exigeante mais belle, de soixante-dix kilomètres et près de 110m de dénivelé,  je traverse le village, animé par la vie trépidante de la population touristique, et ses embouteillages comme pour leur rappeler la rentrée prochaine. Pour le vélo c’est garage, et pour moi ombre fraiche et une pression méritée pour fêter ce Col du Pas Noir, pas noir du tout, mais bien perché.

Michel Ponchet (août 2019)

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